Musique du temps de la Réforme

Musée Eugène Burnand, rue du Château 48, Moudon
Dimanche 22 octobre 2017 à 17h30

Dans le psaume 137, le psalmiste dans sa grande affliction proclame le renoncement à la musique : « Aux saules verds nos harpes nous pendismes ». À la Réforme, ce psaume est mis en valeur par une des plus belles mélodies du psautier de Genève. Paradoxe ?

Le mouvement de la Réforme n’est pas sans ambivalence à propos de la musique. D’un côté, les orgues des églises sont démontés et les effusions musicales spontanées et populaires réprimées. De l’autre, est mise en œuvre la création d’un psautier, qui en tant que best-seller (50’000 volumes imprimés en 1562 seulement) fait date dans l’histoire de la musique européenne. Cette ambivalence, relayée par les écrits de Calvin et de Viret, réformateurs à Genève et à Lausanne, a pour fondement la conviction du grand pouvoir qu’a la musique « pour enflamber les cœurs » . La doctrine réformée condamne donc les chansons « déshonnêtes », considérant qu’à travers elles, la musique risque d’être un « instrument de paillardise et d’impudicité ». Cependant, elle encourage le chant des psaumes dans la pratique duquel, ce pouvoir de la musique est mis au profit de l’édification et du salut de l’âme.
Le psaume 137 n’est donc pas à voir comme une occasion pour les réformateurs de faire l’apologie du renoncement à la musique, mais plutôt comme un exemple de la manière dont la musique peut transcender les états d’âme, et mettre en sons jusqu’aux plus poignants vœux de silence…

Pour les 500 ans de la Réforme, le programme proposé par l’ensemble Le droict chemin de musique se construit en partie autour des mélodies spécifiques au psautier de Lausanne publié en 1565 – puisqu’il sera joué en terres vaudoises. Y sont cultivées les pratiques musicales attestées de l’époque, celles qui étaient encouragées comme les interdites !
Nous ne pendons pas nos harpes ; bien au contraire, dans un monde qui en a toujours autant besoin, nous nous efforçons de faire de la musique un espace ouvert…

François Mützenberg

L’ensemble Le droict chemin de musique :

  • Natacha Ducret, chant
  • François Mützenberg, flûtes à bec, musette, flûte et tambour, direction
  • Dominique Tinguely, dulcianes, flûtes à bec
  • Lisette Aubert, viole de gambe
  • Bor Zuljan, luth, guitare et percussion

Œuvres de :

  • L. Bourgeois, P. de l’Estocart, J. Van Eyck, C. Goudimel, A. Van Noordt, G. Othmayer, A. Le Roy, J. Wannenmacher